"Lez-La-Meute" (tranquille)

Pour les lesbiennes, gays, trans, bis en quête de conseils, de réconfort et d'écoute... la Louve est là !!!

12 mai 2008

En Mai, fais ce qu'il te plaît ...

animals_wolves017Bonjour les p'tits loups,

Je passerai ce Lundi de Mai à poétiser... loin de vos regards certes mais si proche de vos espoirs toujours aussi discrets. Trouver sous la dictée d'une plume sacrée ou dans les écrits de femmes passionnées, l'éclaircie, la rhapsodie... la fantaisie, cette électricité qui m'émoustille, m'entraînant avec elles vers la nécessité de m’exprimer dans quelques poésies harmonieusement élaborées. M'enfuir avec elles comme il m'a été dit, voler aussi, croire à un certain paradis, à la magie des mots qui éloignent les maux... à un monde nouveau, sur une île où pullulent les idées, où seule à m’aventurer vers u ailleurs où se dissipent les malheurs, ou faiblir face au renouveau lorsque sa force docile m’invite à épouser les serments faits pour durer est un combat à perpétuité.
M’installer loin du bruit, de la cacophonie de notre société, me surprendre à errer, de mon esprit insoumis à mon corps quelques fois fourvoyé dans les sillons de la vie, régner avec aisance sur l’inexprimable beauté ou la laideur insufflée, la faiblesse ou la candeur que j’aime à côtoyer ... la force ou le mépris. Tant d'autres femmes avant moi ont eu ce désir et le firent, de décrire ce langage espéré qui nous surprend dès la nuit tombée ou bien à l’aube de nos sentiments exacerbés. Traduire pour le dire ou pour l’écrire ces émotions qui nous chavirent tant que je voudrais vous les faire partager.
L’une d’entre elles m’interpelle, de son vrai nom, Pauline Tarn qui devint plus tard celui de Renée Vivien. Poétesse qu’il convient de citer pour ses œuvres poétiques ou romancées.
Je vous laisse en cette journée, en compagnie de cette grande Dame pour laquelle j’ai un profond respect !

Passez une délicieuse journée les p’tits loups… qui sait en poétisant à votre tour auprès de votre amour, qu'il soit proche de vous ou éloigné !

Samie Louve

299111

Je t'aime d'être faible...
Je t'aime d'être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes bras
Ainsi qu'un berceau tiède où tu reposeras.

Je t'aime d'être rousse et pareille à l'automne,
Frêle image de la Déesse de l'automne
Que le soleil couchant illumine et couronne.

Je t'aime d'être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme l'on fait dans la présence de la nuit.

Et je t'aime surtout d'être pâle et mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s'acharne et tourmente.

Je t'aime d'être, ô soeur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus blanche qu'un reflet de lune sur un lys...

Je t'aime de ne point t'émouvoir, lorsque blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
Ô toi qui ne sauras jamais combien je t'aime !

A la femme aimée
Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
Le ciel mêlait aux ors le cristal et l'airain.
Ton corps se devinait, ondoiement incertain,
Plus souple que la vague et plus frais que l'écume.
Le soir d'été semblait un rêve oriental
De rose et de santal.

Je tremblais. De longs lys religieux et blêmes
Se mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
Leurs parfums expirants s'échappaient de tes doigts
En le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
De tes clairs vêtements s'exhalaient tour à tour
L'agonie et l'amour.

Je sentis frissonner sur mes lèvres muettes
La douceur et l'effroi de ton premier baiser.
Sous tes pas, j'entendis les lyres se briser
En criant vers le ciel l'ennui fier des poètes
Parmi des flots de sons languissamment décrus,
Blonde, tu m'apparus.

Et l'esprit assoiffé d'éternel, d'impossible,
D'infini, je voulus moduler largement
Un hymne de magie et d'émerveillement.
Mais la strophe monta bégayante et pénible,
Reflet naïf, écho puéril, vol heurté,
Vers ta Divinité.

Renée Vivien

source :  http://www.reneevivien.com/

Posté par samielouve à 10:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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