25 avril 2005
Je fais souvent ce rêve étrange d'un monde sans violence, sans outrance, sans apparence fâcheuse ou trompeuse dont l'être humain a pris pour habitude de se vêtir ! Un monde où nous ferions une ronde sans faim, où nous pourrions nous désaltérer toutes et tous dans le courant d'une onde pure ou bien vivre à prononcer de simples mots qui apaiseraient tous nos maux. Tant d'autres l'ont fait avant moi ce rêve et ne sont point parvenu à le voir se réaliser. J'ai beau fermer les yeux et me fondre dans la nuit qui me cache une part du monde où je vis à cet instant, je ne peux m'empêcher de penser à la brutalité, aux actes criminels qui achèvent bien et nous laissent dans un effroyable dénuement. J'ai beau regarder autour de moi et me fondre dans l'air du temps, il ne fait que passer et ne me laisse déjà que l'empreinte de ces heures ou secondes merveilleuses que je ne tarderai pas à voir s'effilocher malgré moi pour ne garder en mémoire que cet acharnement, la lassitude ou bien le tourment que subissent certains d'entre nous homos, femmes, rendus faibles par tous les temps, ceux-là qui sont construits à coups de malveillance, de malentendus ou de prises à partie. Oui, le paysage où je m'enfouis ne survivra que l'espace d'un instant dans cette vision que j'ai de l'humanité... je vis avec les loups, avec les animaux que l'on dit sauvages et je ne m'en porte pas plus mal... je vis un conte de fées, seule, ou bien accompagnée... parfois, où l'amour n'a d'autre besoin que d'être en liberté, se faufiler à travers champs et bois, brouissailles encombrées, verdures flêtries ou vides de sève, disséminée. Renifler à plein nez le suc de la vie qui se propage en moi, me défiant sous le vent ou la tempête de pluie sans craindre un seul instant du ciel qu'il ne me tombe sur la tête. Adieu matraques et gourdins ou autres poignards bien affûtés qui nous ôtent la seule vie que nous ayons choisie.
Je rêve mais est-ce la ma destinée ?
Belle et radieuse journée à vous les p'tits loups.
Samie Louve
